Cette semaine nous sommes allés à la rencontre du bras droit de P. Casanova entraineur de l’équipe Réserve, Loïck Jean,  préparateur physique arrivé au club pour un stage en Ligue 1, il est aujourd’hui en charge de l’équipe Réserve du Gazélec Ajaccio, évoluant en Régionale 1. 

Bonjour Loïck, peux-tu revenir brièvement sur ton parcours et ton arrivée au club ? 
Tout a commencé à Saint-Etienne où j’ai fait 3 années de licence STAPS. Ensuite, j’ai effectué mon Master 1 à Nice. En parallèle de mes études, j’ai intégré des équipes jeunes  (FC Dunières, US Monistrol, Fréjus-Saint Raphaël). Ma venue au GFCA a commencé par un stage lors de l’épopée en Ligue 1. Après ce stage, deux années plus tard, j’intégrais UFR STAPS de Nice pour le Master. De plus, ayant aimé ce club, de par son histoire, j’ai tout de suite sollicité à nouveau le club pour un stage de 2 mois cette fois-ci et plus spécialement avec le staff du coach de l’époque Albert Cartier et en particulier avec Emmanuel Vallance, le préparateur physique. Ce dernier a tout de suite répondu favorablement pour ce stage sur la Ligue 2 ainsi que sur les U19 Nationaux du coach Casanova. A la suite de cette bonne collaboration et de notre très bonne entente nous avons souhaité travailler ensemble. De ce fait, on a essayé de trouver un compromis, l’éclosion de l’équipe Réserve nous a donc permis de nous retrouver une saison de plus et c’est pourquoi j’aimerai le remercier pour toute la confiance qu’il m’a accordé ainsi que Albert Cartier.
En quoi consiste ton poste de préparateur physique de l’équipe Réserve ?
Tout d’abord, mon métier consiste à préparer et perfectionner les joueurs physiquement, qu’ils soient en pleine possession de leurs capacités physiques et cela passe par du développement des qualités physiques, de la prévention des blessures jusqu’à la sensibilisation concernant l’hygiène de vie. Ensuite sur une semaine type, nous programmons en général avec Pascal Casanova 4 à 5 entraînements où il me transmet jour après jour ce qu’il souhaite faire pendant les séances où j’intègre mon contenu athlétique en fonction de ses exercices. La trame générale donne un entraînement le lendemain de match donc le lundi. Le mardi c’est la séance où les joueurs ont un contenu athlétique plus important, toujours en intégrant le ballon si possible. Ensuite, le mercredi c’est une séance en salle de musculation où j’ai l’entière responsabilité. Cette dernière est toujours en corrélation avec le contenu athlétique, mise en place sur le terrain. Ce mode de fonctionnement nous permet de développer les qualités physiques et de prévenir les blessures. Le jeudi, on travaille sur le terrain, on commence des exercices, situations de jeu plus spécifiques par rapport au match de dimanche. Le vendredi, c’est la mise en place avec de la finition devant le but. Le samedi, c’est repos ou consacré aux blessés. Dimanche, c’est jour de match.
En parallèle, des entraînements collectifs, les joueurs, notamment à risque, ont un programme de prévention  par rapport à leurs précédentes pathologies. Ils le font en autonomie et je module  la charge et les exercices, mois par mois.
Préparation pendant un match ? 
En général, je laisse 3 minutes libres avec le ballon sur des petites distances. Ensuite nous passons avec les gammes athlétiques pendant 6-7 minutes puis un travail technique à 2 avec ballon sur 2-3 mètres. Après nous faisons une à deux séquences de conversation à thème, puis on clôture par du jeu long et des frappes. Et enfin, juste avant de rentrer au vestiaire, petite séquence de vitesse. Concernant la période actuelle, on s’adapte aux températures parfois difficiles, où nous anticipons la reprise de la seconde période par une petite remise en route de 2/3 minutes.
La différence par rapport à l’année dernière ? 
Concernant l’effectif, il s’est renforcé en qualité mais reste globalement jeune, motivé et travailleur. Concernant le championnat par rapport à la Régionale 2, je trouve qu’il y a beaucoup plus de duels et moins d’espaces, c’est un championnat très physique. Par conséquent, on concentre toute notre préparation sur la force et la capacité à répéter les efforts. Enfin, la grande différence cette année est que l’équipe Régionale 1 est la vraie réserve de l’équipe professionnelle. Les descentes de Nationale nous apportent une réelle plus value technique, tactique et de la maturité. Et cette année, la motivation est double pour nos joueurs amateurs qui peuvent avoir l’opportunité de grimper au dessus pour palier aux blessures ou suspensions.
L’objectif ? 
Cette année, on n’a pas fixé d’objectifs, à part de se maintenir en Régional 1, nous épanouir dans ce championnat et remporter autant de matchs que possible. L’objectif premier est de fournir, en moyen humain, l’équipe première pour combler les suspensions et les blessés, par exemple, on a pu voir Alexandre Troffa, Jean-Gabriel Pierazzi ou Killian Bartoletti, intégrer les groupes, voir même, être titularisés pour certains matchs.
C’est plus compliqué de travailler avec des joueurs non professionnels ? 
Oui et non. Oui dans le sens où nous devons prendre en compte le fait que la plupart des joueurs travaillent la journée, là où les pros ne font que ça de la journée, c’est pourquoi nous travaillons avec l’aide d’une application (« SoccerPulse ») pour calibrer les séances. Dans cette dernière, les joueurs rentrent les informations post-séance sur la difficulté perçue de la séance et quotidiennement sur la fatigue, courbatures, l’humeur, le sommeil et l’anxiété. Pascal et moi essayons d’être attentifs sur ces paramètres là.
Et dans un autre sens, je dirais non car à l’inverse des pros, l’entraînement est source d’évasion et de décompression pour les joueurs amateurs. On retrouve une certaine motivation et un engouement parfois banalisé chez certains sportifs de haut-niveau.
Pour terminer, je dirais que peu importe si c’est un professionnel ou un amateur, travailler avec reste identique si la passion est omniprésente.