Qui est Freddy Morel, quel est votre parcours ? 

Je suis un ancien footballeur mais de niveau amateur, j’ai joué dans le même club tout au long de ma “petite carrière” et ensuite c’est dans ce même club, que j’ai pu commencer à entraîner. Le club dans lequel j’ai évolué est un petit club pas très loin de Bourg-en-Bresse. 

J’étais un joueur souvent blessé donc j’ai arrêté à l’âge 23 ans pour me tourner définitivement vers le monde l’entraînement et engager une carrière professionnelle dans le milieu du football. J’ai eu la chance de pouvoir travailler et parallèlement passer mes diplômes. J’ai obtenu une licence d’entraînement à Lyon et par la suite un master en préparation physique et mentale. J’ai suivi un parcours plutôt classique mais c’était mes aspirations depuis de nombreuses années je voulais m’épanouir dans ce milieu. J’ai suivi une formation, comme tous les entraîneurs avec la Fédération Française de Football et à l’issue de mon master je me suis vu offrir une place de salarié au sein du club où j’avais commencé. Comme tous les clubs amateurs, je me suis occupé un peu de tout. J’ai passé 8 ans dans ce club au poste d’entraîneur, des plus petites sections jusqu’aux séniors qui évoluent en régionale. 

Par la suite j’ai été contacté par le club de Bourg-en-Bresse qui est le gros club de ma région. On est venu me chercher pour entraîner l’équipe réserve. C’est à ce moment là que j’ai rencontré Hervé Della Maggiore qui lui entrainait déjà l’équipe première. 

J’ai occupé le poste d’entraîneur réserve pendant 2 ans, à l’issue de cette période, le club a connu son accession en Ligue 2 et Hervé m’a proposé de passer adjoint et j’y suis resté pendant 3 ans.

C’est à partir de ce moment que nous avons réellement collaboré avec Hervé, ce fut le point de départ de notre travail commun. J’ai eu la chance et les opportunités de passer en 10 ans de mon petit club au monde de la ligue 2. J’ai pu grâce à ça, vivre de ma passion et participer à l’évolution d’un club ainsi que son accession et ça n’a pas de prix. 

Votre réaction à l’annonce d’une collaboration avec le GFCA ? 

Quand nous avons arrêté à Bourg-en-Bresse,  on a beaucoup travaillé de notre côté. On discutait sur nos idées, nos plans de matchs, notre objectif était de retrouver un projet ensemble. Ma position dans l’annonce d’une future collaboration avec GFCA, j’étais conscient que ce n’était pas facile pour les clubs d’accepter un nouveau coach et son adjoint. 

Quand le premier contact a été fait avec le Gaz j’étais content mais sur la réserve car ma venue était encore incertaine. Puis, en quelques jours, tout s’est mis en place très rapidement. Le coach est venu un peu avant, il a posé sa vision des choses, le club a été réceptif et j’ai pu intégrer le GFCA. Je suis arrivé le jour qui a suivi avec beaucoup d’enthousiasme, j’avais hâte de découvrir un nouveau lieu, un nouveau club.

On s’est imaginé le club de l’extérieur en tant qu’adversaires, on a était surpris par cette machine, les personnes qui naviguaient dedans, l’ambiance, l’esprit qui en émanait. 

Qu’avez vous pensé du Gazélec à votre arrivée, avez-vous eu avant cette annonce la possibilité de suivre le club ? 

Paradoxalement, on regardait les équipes qui étaient en difficulté et forcement le gaz était dans de bonnes postures, donc on a suivi les actualités de plus loin. Après le Gazélec est un nom du football, c’est un club historique, on sait que ça respire le foot et la passion. 

Dès que l’on a mis le pied dans le club, tout s’est confirmé, on a rencontré des personnes passionnées, amoureuses de leur club, avec des valeurs. 

Hervé qui était arrivé avant moi, m’avait déjà posé le tableau et m’avait fait ce retour là. 

Et quand j’ai posé le pied dans l’enceinte du club, j’ai compris, ça m’a sauté au yeux. C’est véritablement un club de passionnés, cette ambiance est rafraîchissante, ou sent un réel soutien et ces valeurs là se perdent malheureusement dans certains clubs où aujourd’hui, le paraître a pris place. 

Ici, ça va à l’essentiel, chacun oeuvre pour son club. Pour nous ce sont choses que l’on a vécu à Bourg, c’était un club en construction, ce sont nos valeurs, ce sont des choses qui nous animent et cela a été un des aspects qui nous a poussé à nous lancer dans cette aventure.  

Ces principes là sont pour nous les bases et le ciment d’un projet, la vie du club, la vie d’un groupe. En arrivant, on ne souhaitait pas effacer ce qui a été fait, mais on voulait s’en imprégner car de belles choses avaient été accomplies. On voulait s’imprégner le plus vite possible de tout ça, des valeurs de famille et de travail, qu’inspire ce club.

Les premiers jours avec le groupe ? 

On a eu l’avantage d’arriver dans une situation qui n’était pas dans l’urgence, cela c’est fait de manière sereine et par étape, on a tout de suite ressenti que le groupe avait des attentes, on a voulu avant tout apprendre à connaître tout le monde. Mais notre premier mot d’ordre, a été d’instaurer une ligne de conduite au groupe pour qu’il puisse comprendre où on voulait aller dans le style de jeu, le mode de vie, la façon de faire. Le point de départ a été axé sur ça.

On a ensuite rencontré un groupe très réceptif, quand on instaure une philosophie centrée sur le jeu, les joueurs sont souvent plus attentifs, après nous avons amené notre patte, tout en gardant ce qui a été fait de positif au paravant. Les joueurs on été attentifs, ils avaient envie de bien faire, envie de travailler. 

On a senti dès les premières heures cette bonne entente dans le groupe, qu’il vivait bien, tout est lié aux joueurs, on a la chance d’avoir quelques anciens, qui ont une véritable carrière,  on a des jeunes qui ont soif d’apprendre, donc c’est bien homogène, il y a de la qualité. 

A l’heure actuelle, chacun a trouvé sa place, autant dans le groupe qu’au sein du staff. 

On a la chance d’avoir autour de nous un staff très fiable, ils sont là dans l’objectif de servir le club, au même titre que nous, puis quand on regarde tous dans le même sens, c’est plus facile d’apprendre à se connaître, les missions sont alors bien définies et claires. L’objectif est d’échanger, de construire, chacun d’entre eux a ses qualités, ses avantages, ils ont énormément facilité notre arrivée. 

Avez vous d’autres aspirations professionnelles pour l’avenir peut-être à votre tour devenir coach d’un groupe professionnel ? 

Je reste pour l’instant un jeune entraineur adjoint, j’aime bien prendre mon temps, ne pas me précipiter, à l’heure actuelle je m’épanouie. Pour le moment, avec Hervé, on a tout les deux mis de bonnes bases et on souhaite évoluer ensemble. Pour prétendre à une évolution de carrière, il faut prendre le temps mais un jour comme grand nombre d’entraîneurs adjoints je me dirigerai peut être vers une place de coach mais dans ce milieu les places sont très chères. 

Donc je vais suivre mon chemin, continuer à me construire, à accompagner le coach et le Gazélec. Aujourd’hui je souhaite apporter tous ce que je peux a ce beau club.

Quelles sont les qualités requises pour être coach / coach adjoint ? 

Tout d’abord pour être entraîneur adjoint, je pense qu’il faut avoir les yeux partout, que ce soit pour suppléer le coach, le mettre dans les meilleurs conditions possibles. Un coach adjoint doit aussi filtrer les informations pour le coach, dans la préparation des séances, dans tout ce qui touche au groupe, pour arriver à apporter l’essentiel au coach, lui donner des informations nécessaires à la préparation du match à la mise en place du jeu etc.. 

On aide le coach à l’établissement d’une vision juste de ce qui ce passe, dans mon fonctionnement et dans le foot actuel, la qualité majeure est la conception d’entrainement. 

Il faut savoir être fort en proposition sur la vidéo, les entraînements, pour donner au coach des situations les plus proches de celles qu’il imagine. 

En résumé, il faut être inventif pour que chacun puisse appréhender au mieux l’idée du coach ainsi que le modèle de jeu et également permettre au coach de voir son groupe dans diverses situations. 

Il y a un rôle essentiel avec les joueurs, une approche individuelle, c’est une des missions que Hervé m’a donné, après plusieurs années de collaboration, il a confiance en moi pour discuter avec les joueurs, seul à seul, pour les orienter sur tel et tel point. Il sait que mon idée de jeu est la même que lui donc je l’aide à transmettre les informations au groupe. 

Il faut être capable de gagner la confiance de son coach et celle des joueurs. Le coach adjoint est finalement un intermédiaire, il doit balayer tout ce qui doit être su et connu du coach mais aussi faire le tri sur divers problèmes et les régler, quand c’est possible, pour ne pas encombrer le coach de trop d’informations. Le coach adjoint au sein d’un club est le ciment dans les relations staff-joueurs, je le vois comme ça. 

Pour le coach, son rôle est basé sur les mêmes choses, après sa position implique la médiatisation et surtout de savoir faire des choix. L’entraineur doit lui se concentrer sur l’essentiel. Il faut savoir être juste et honnête, expliquer, ne pas laisser un joueur dans le doute, entretenir la confiance du groupe. 

Le coach a lui une pression médiatique importante, les retours lui reviennent directement alors que l’adjoint est plus dans l’ombre. Pour ma part, la reconnaissance du coach adjoint se fait par l’avis du staff, du groupe et les résultats. 

En résumé il faut de l’empathie, à bonne dose, de la fermeté et de la confiance ! Il ne faut pas laisser de place au doute et surtout nous devons nous remettre en question en permanence, ce qui a marché une fois peux ne remarchera pas forcement le lendemain !